| [*] | Nombre de suffrages | % Inscrits | % Votants |
|---|---|---|---|
| Inscrits | 44 282 679 | ||
| Abstentions | 26 282 225 | 59,35% | |
| Votants | 18 000 454 | 40,65% | |
| Blancs ou nuls | 781 480 | 1,76% | 4,34% |
| Exprimés | 17 218 974 | 38,88% | 95,66% |
Il s’agit ici de souligner combien ce scrutin est absolument le seul à susciter de l’abstention dans une telle ampleur, il est une exception politique totale qui indique bien que cette question de "l’Europe" a quelque chose de totalement singulier et d’anormal.
Cette anormalité de la question européenne est confirmée par l’étendue de l’abstention, car aucun pays en Europe ne fait exception et la tendance n’a cessé de s’aggraver depuis la première de ces élections européennes en 1979. Tout le reste des paramètres observables des scrutins européens est secondaire et doit être observé au travers de ce prisme principal.
Dans le tableau ci-dessous, la comparaison de la différence des poucentages de voix ramenés au nombre de suffrages exprimés (colonne 3) ou au nombre d’inscrits (colonne 4) est particulièrement éloquente. Ainsi les "grands vainqueurs" du 7 juin 2009 prennent manifestement des vessies pour des lanternes, car ils ne totalisent même pas 11% des voix des inscrits (et à peine plus de 6% pour les "grands outsiders" d’un soir). De quoi être inquiet sur leur légitimité et un peu plus prudent quant aux conclusions à tirer pour l’avenir.
| Listes | nbr de voix | % exprimés | % inscrits | nbr élus |
|---|---|---|---|---|
| UMP | 4798921 | 27,87% | 10,84% | 29 |
| PS | 2837674 | 16,48% | 6,41% | 14 |
| Europe Ecologie | 2802950 | 16,28% | 6,33% | 14 |
| MoDem | 1455225 | 8,45% | 3,29% | 6 |
| Front de gauche | 1041755 | 6,05% | 2,35% | 4 |
| Front national | 1091681 | 6,34% | 2,47% | 3 |
| Libertas | 826269 | 4,80% | 1,87% | 1 |
| Alliance des Outre-Mers | 81045 | 0,47% | 0,18% | 1 |
A la lecture de ces deux tableaux, on peut aussi déduire qu’il y a plus de 80% des citoyens qui ne veulent plus de "cette Europe", ce qu’on pouvait raisonnablement affirmer depuis le « non » de 2005, car les partisans de cette option n’atteignent pas les 20% même en comptant large et en additionnant une majeure partie des électeurs UMP, PS et Modem (dont les dirigeants ont construit "cette Europe", quoi qu’une bonne partie de leurs militants rêvent toujours d’une "autre Europe").
Le deuxième fait remarquable, qui est encore plus marquant en parcourant la totalité des listes en course [1], c’est l’extrême fractionnement des sensibilités : nous faisons face à un véritable caléïdoscope de nuances et de groupes de personnes, souvent extrêmement réduits, souhaitant se faire entendre lors de cette élection. Cette situation est de toute évidence à attribuer à la carence chronique de débat sérieux sur les questions de "l’Europe", absence qui pousse toutes sortes de citoyens à se lancer dans la campagne afin de rattraper le retard, ou de tenter de le faire, ce qui dans les deux cas ne peut être couronné de succès, car une part trop importante de nos "élites" politico-médiatiques veilles au grain pour que la pensée conforme ne soit pas débordée. D’où la campagne étouffée que nous avons connue.
Sommaire : Bilan des européennes 2009
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